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Choix d’un ski de randonnée

Généralités

Sur le ski de randonnée, les fabricants mettent l’accent sur la stabilité, la solidité et la facilité de propulsion. Ils doivent, dans une certaine mesure, sacrifier la vitesse et la légèreté. Par contre, les skis de fond auront toutes ces qualités y compris la vitesse et la légèreté.

Les quatre aspects sur lesquels les fabricants peuvent travailler afin d’obtenir les caractéristiques voulues sont :

  • le profil latéral
  • la cambrure
  • la construction
  • la semelle.

 Chacun de ces aspects influencera de façon différente les performances du ski. Voici comment :

 

Le profil latéral

Le profil latéral est déterminé par les dimensions en largeur à la spatule, à la taille et au talon du ski.  L’industrie utilise souvent le résultat de la différence entre la largeur de la spatule et celle de la taille pour simplifier la comparaison entre les différents modèles. De façon générale, les skis sont plus étroits à la taille (centre du ski) qu’aux extrémités. Le côté du ski décrivant un arc de cercle, celui-ci aura tendance à suivre une trajectoire circulaire lors d’une mise à carre. Le profil latéral sert donc essentiellement à faciliter les virages et à augmenter ainsi le contrôle dans les descentes.

  Deux types de profil sont utilisés dans la gamme de randonnée :

  • Le ski à profil parallèle 

Les skis économiques sont habituellement à profil parallèle, c’est-à-dire que la taille du ski n’est pas plus étroite que les extrémités. Ces skis sont plus difficiles à contrôler en descente et ne sont fabriqués ainsi que par souci d’économie. De façon générale, ces skis ont une largeur d’environ 52 mm.

  • Le ski profilé 

Les skis de randonnée de qualité supérieure ont habituellement de 2 à 4 mm de profil latéral, avec une spatule d’environ 52 mm de largeur. Plus de quatre millimètres de profil ralentirait excessivement le ski.

Nous rencontrons également ces 2 types de profil de ski dans les gammes de skis de fond. Le ski profilé est largement répandu et, d’ailleurs, le seul ski retrouvé dans les gammes de skis pour patineurs. Pour les techniques classiques, le ski à profil parallèle offre l’avantage de ne pas opposer de résistance à la ligne droite, ce qui lui confère un très léger avantage, tant que vous restez dans les pistes tracées. Cet avantage se perd dès que vous quittez les sillons comme, par exemple, lors d’une descente abrupte. Quoi qu’il en soit, nous rencontrons dans ces gammes des profils de 2 à 4 mm, mais la largeur des skis se situe plutôt en moyenne autour des 44 mm. 

 

La cambrure 

La cambrure est l’arc de cercle formé par le ski sur le plan longitudinal. Elle est de loin la caractéristique la plus importante du ski de fond. Elle possède une double fonction, soit :

  • assurer la répartition du poids du skieur sur toute la longueur du ski;
  • déterminer la zone d’adhérence et les zones de glisse du ski.

 La cambrure d’un ski de fond est dite double ; c’est-à-dire qu’il y a deux niveaux de résistance à la compression dans le ski. Les propos qui suivent ne doivent être pris en  considération que si vous achetez un ski pour les techniques classiques.

Le tiers central, qui constitue la zone d’adhérence, est plus raide de façon à ce que le poids du skieur, également réparti sur les deux skis, n’arrive pas à écraser cette partie centrale complètement. Puisque c’est dans cette zone que l’on applique le fart d’adhérence ou que l’on retrouve les écailles de poisson, aucune pression ne doit être exercée lorsque le skieur descend une pente avec son poids réparti sur les deux skis. À l’opposé, ce même skieur doit être en mesure d’écraser complètement la cambrure en mettant tout son poids sur un seul ski, de façon à pouvoir bénéficier de l’adhérence du fart pour pouvoir se propulser vers l’avant. Une cambrure trop forte résulterait donc en un manque de traction, alors qu’une cambrure trop faible entraînerait des problèmes de glisse et enlèverait rapidement tout le fart d’adhérence en le soumettant à trop de friction. Une cambrure trop faible entraîne un ralentissement aussi parce que le fart de poussée est constamment en contact avec la neige.

C’est pour ces raisons qu’un ski doit toujours être choisi en fonction du poids du skieur et non de sa taille. Évidemment, les fabricants calibrent la force de la cambrure par rapport à la longueur du ski, de façon à ce qu’un individu ayant un poids proportionnel à sa taille puisse choisir un ski qui lui offre suffisamment de surface de glisse sans être trop encombrant. C’est pourquoi la règle du poignet est toujours utilisée pour se donner une idée de base avant de faire un test de cambrure (la spatule du ski, placé en position verticale, doit arriver au poignet du skieur qui se tient droit avec un bras tendu vers le ciel).

Il est à noter que deux paires de skis du même modèle et de même longueur peuvent avoir des cambrures très différentes, surtout dans les modèles économiques. Les skis sont fabriqués de façon individuelle. L’amplitude de leur cambrure est alors mesurée pour procéder à un jumelage préliminaire. La force de la cambrure est ensuite testée afin de pouvoir obtenir des paires de skis ayant des cambrures de même amplitude et de même force et d’identifier ces paires par un numéro de série.

En ce qui concerne les skis voués au pas de patineur, tout ce qui a été dit dans les deux paragraphes précédents s’applique également. La différence est que les cambrures sont beaucoup plus fortes.

 

 

La construction

La construction est l’ensemble des matériaux utilisés ainsi que leur disposition dans le ski. Le principe pour les manufacturiers est d’agencer les matériaux de façon logique, pour obtenir un profil latéral, une cambrure, un poids et un prix orientés vers les besoins spécifiques en stabilité et en facilité de propulsion pour le skieur de randonnée ou le skieur de fond.

Les skis peuvent être divisés en deux groupes, qui se distinguent par leurs noyaux.

 

 

Les skis à noyaux de bois

La majorité des skis à noyaux de bois sont construits avec des lamelles de bois disposées verticalement dans le ski, laminées entre elles et espacées de canaux d’air. Certains modèles économiques ne présentent pas de canaux d’air.

Avantages :

  • Meilleur rapport qualité/prix
  • excellente durabilité de la cambrure
  • grande solidité
  • poids raisonnable

Inconvénients :     

  • Demandent un usinage complexe s’il doivent être utilisés conjointement avec une construction monocoque (voir description ci-dessous ).

 

 

Les skis à noyaux synthétiques

Nous pouvons subdiviser cette catégorie en 3 autres :

Les noyaux de mousse injectée

La structure de ces skis est habituellement formée d’une boîte de bois et de fibre de verre, dans laquelle est injectée un noyau en mousse. On les reconnaît facilement par leur « bouchon » situé généralement au centre du ski, sur le côté.

Avantages :           

  • coût très économique
  • solidité

Inconvénients :     

  • poids lourd
  • cambrure peu durable
  • réaction à la température (cambrure plus dure par temps froid)
  • mauvais contrôle de la précision de la cambrure

 

Les noyaux en mousse compacte

Ces noyaux sont faits de mousse très dense autour de laquelle est construite la structure de matériaux composites.

Avantages :           

  • très grande légèreté
  • cambrure précise et durable

Inconvénients :     

  • plus de fragilité
  • coût élevé

 

 

Noyau structural en résine de synthèse ou cartonné

Ces noyaux utilisent souvent une structure de nid d’abeille. Le noyau est dit structural, car il confère à l’ensemble une certaine résistance en comparaison des noyaux de mousse. Par contre, comme il ne pourrait former la structure seul, cette dernière est composée à la fois du noyau et des matériaux extérieurs du ski. Ce type de noyau se retrouve exclusivement dans les skis de fond haut de gamme.

Avantages :           

  • très grande légèreté

Inconvénients :   

  • noyau fragile
  • prix élevé

Tous ces noyaux sont ensuite intégrés dans différents types de structure :

 

 

La construction en sandwich

Encore la plus répandue dans la gamme randonnée, cette façon de construire consiste à laminer une ou plusieurs couches de matériaux (principalement de la fibre de verre) au-dessus et en-dessous du noyau.

Avantages :           

  •  économie

Inconvénients :     

  • difficulté d’obtenir une bonne résistance à la torsion causée par des mises à carres moins efficaces
  • poids plus lourd

 

La construction monocoque (« cap »)

Ce procédé consiste à entourer le noyau d’une boîte structurale continue en matériaux composites.

Avantages :           

  • légèreté
  • grande résistance à la torsion
  • cambrure précise et vive

Inconvénients :     

  • prix plus élevé


Généralement, selon le type de ski pratiqué, nous verrons les combinaisons suivantes, en partant du bas vers le haut de gamme.

Randonnée : sandwich à noyau de mousse injectée, sandwich à noyau de bois, monocoque à noyau de mousse compacte, monocoque à noyau de bois.
Le premier choix est excellent pour les skieurs n’effectuant que quelques sorties annuelles. Les 3 derniers choix sont excellents pour les amateurs pratiquant régulièrement l’activité. Les 2 derniers s’avéreront supérieurs si vous randonnez en sentiers non tracés.

Fond, pas classique : sandwich à noyau de bois ou noyau en résine de synthèse ou cartonné, monocoque à noyau de mousse compacte, noyau en résine de synthèse ou cartonné.

Fond, pas de patin : idem, avec toutefois une préférence pour les skis monocoque, pour leur plus grande rigidité en torsion latérale.

 

La semelle

La semelle est en fait un polymère poreux formant la surface de glisse du ski. Sa fonction est de servir de support à la cire de glisse et au fart, ainsi que de d’adapter la structure de la surface de glisse à la condition de la neige.

Les semelles de ski sont toutes en P-tex de différente densité et sont obtenues par extrusion ou par agglomération (sintered). Les deux caractéristiques recherchées chez une semelle de bonne qualité sont la porosité et la dureté. De façon générale, les semelles agglomérées sont plus dures et plus poreuses que les semelles extrudées.

 

 

Choix d’une longueur de ski :

Si vous avez lu la rubrique sur les cambrures, vous savez maintenant qu’un ski n’est choisi qu’en fonction du poids et non de la taille. Pour bien faire cette sélection, il faudra idéalement faire un test de cambrure sur une surface plane rectifiée. La Cordée possède ces installations, en plus des conseillers qualifiés, pour bien vous guider dans votre choix.

Après avoir testé quelques paires de skis, il se peut que vous ayez le choix entre différentes paires qui diffèrent par leur longueur. Si votre leitmotiv est « toujours plus vite », optez pour les skis offrant la plus grande surface de glisse ; de façon générale, sauf exception, les skis les plus longs. Si vous vous aventurez dans des sentiers étroits et sinueux, optez pour les skis les plus courts; ils seront plus faciles à manœuvrer.

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