Surface des pales
Plus la surface des pales est importante, plus vous aurez besoin d’énergie pour « tirer » l’eau. Par contre, l’effort est payant puisqu’un coup de pagaie à l’aide d’une grande pale permet de faire avancer l’embarcation ou de manœuvrer rapidement. Donnez donc priorité à une grande surface de pale dans les activités de puissance telles que le jeu en eau vive.
En ce qui a trait aux pales à surface plus petite, l’effort nécessaire pour tirer l’eau est moindre et, sur de longues distances, préférable. Vous pouvez tout de même aller vite avec ce type de pagaie, en augmentant la cadence.
Forme des pales
Les pales peuvent être symétriques, asymétriques, recourbées longitudinalement et/ou transversalement ou en forme d’aile.
Une pale symétrique offre une surface identique de chaque côté de son axe médian, tandis qu’une pale asymétrique fait le contraire. Les pales symétriques sont très rares en kayak de mer. On les retrouve principalement en eau vive et elles sont de plus en plus restreintes au canot. C’est que les pales asymétriques rendent plus efficace la technique de pagayage propre au kayak. En effet, même en position haute, la pagaie n’est pas complètement verticale à son entrée dans l’eau. L’asymétrie permet une prise d’eau équilibrée, compte tenu de l’angle de la pale dès son entrée dans l’eau. Dans ce même ordre d’idées, certaines compagnies offrent des pagaies pour tous les styles de pagayeurs. Un pagayeur caractérisé par un style « position basse » devrait choisir une pale asymétrique dont l’angle du bout est plus prononcé, parce que la pagaie, à son entrée dans l’eau, est un peu moins à la verticale. Le contraire est bon pour un style « position haute ».
Une pale recourbée longitudinalement permet une prise d’eau plus ferme à la tire. À l’opposé, une pale plate pardonne plus facilement une mauvaise technique. Cette dernière est particulièrement recommandée pour les débutants.
Une pale recourbée transversalement de chaque côté de l’axe médian (en anglais, « dihedral ») évacue rapidement l’eau, appliquant moins de résistance sur la surface de la pale, ce qui résulte en un effort moindre. Cette forme est également bien adaptée aux débutants, puisqu’elle pardonne aisément une mauvaise technique.
À l’opposé, une pale en cuillère, qui combine les courbes longitudinale et transversale, est bien adaptée aux gens qui maîtrisent parfaitement la technique de pagayage. Ces types de pales sont également mieux adaptés à ceux qui veulent se diriger efficacement en ligne droite. Par contre, dans des situations où il faut beaucoup manœuvrer, en appui notamment, elles sont moins efficaces.
En nous inspirant de modèles d’efficacité comme l’aile d’oiseau parfaitement aérodynamique, nous obtenons la pale en forme d’aile, aux qualités hydrodynamiques parfaites pour avancer rapidement droit devant. D’ailleurs, dans la pratique, on la retrouve depuis une quinzaine d’années dans les sprints olympiques, tant en eau vive (descente) qu’en plat. Il ne fallait qu’un pas pour transposer ses avantages au kayak de mer. Ces pales ne sont pas faites pour manœuvrer, ni pour les pagayeurs avec une mauvaise technique, que leur utilisation exagérera à chaque coup de pagaie en ligne droite. Elle est donc réservée aux experts, pour qui le temps est primordial. Le gain : environ 2 secondes au km.
Forme du manche
On retrouve les manches droit et ergonomique sur le marché. Les applications de ces deux designs sont opposées, selon que l’on pratique le kayak ou le canot.
Le traditionnel manche droit est excellent pour la très vaste majorité des randonneurs. En fait, lorsque la technique est bien maîtrisée, le manche ergonomique ne présente aucun avantage. Une bonne technique ne demande pas une prise puissante, mais tout au plus une prise à la fois ferme et subtile du pouce et de l’index. La preuve en est que les coureurs olympiques sur le plat n’utilisent pas le manche ergonomique, sans pour autant que quiconque ne trouve à redire sur l’efficacité de leur coup de pagaie. Les manches ergonomiques ne sont véritablement avantageux que pour les randonneurs souffrant de troubles médicaux ou moteurs aux membres supérieurs. Il en est de même si vous avez une prise d’une fermeté exagérée sur le manche. Dans ce cas, le manche ergonomique vous évitera les traditionnelles blessures d’usure, telles que les tendinites, etc.
En eau vive, vues la puissance des éléments hydrauliques et les forces résultantes, un manche ergonomique peut éviter des blessures, soit traumatiques, soit d’usure. Il est de plus en plus utilisé par des pagayeurs de tout acabit, particulièrement chez un grand nombre de compétiteurs, dont les manœuvres en tous genres nécessitent une prise extrêmement ferme sur le manche.
Ce sont les randonneurs et marathoniens en canot qui, cette fois, bénéficieront le plus des manches ergonomiques. Avec un manche courbé, la pale à la verticale tirera l’eau sur une plus grande étendue, pour une propulsion plus efficace. À ne pas confondre avec les sprinters olympiques, qui utilisent un manche droit mais qui ont une technique complètement différente. Avec une grande mobilité du bassin, ils parviennent aux mêmes, sinon à de meilleurs résultats.
En eau vive, le manche droit est le seul permettant tous les types de manœuvre.
Matériaux employés
Les deux matériaux les plus employés sont la fibre de carbone et la fibre de verre. Le bois est également utilisé, quoique de moins en moins dans les pagaies de kayak. Souvent, une combinaison de deux ou de trois de ces matériaux peut être utilisée, pour optimiser les avantages de chacun. Aussi, mais dans une moindre mesure, on utilise le plastique et l’aluminium dans les pagaies d’entrée de gamme. L’aluminium entrant exclusivement dans la fabrication des manches. Voyons les caractéristiques de chacun des matériaux que nous avons en magasin :