Choix de la forme
Une « forme », c’est un moule autour duquel est construite la chaussure. Le terme anglophone pour une forme est un « last ». Un des secrets du bon ajustement d’une botte de randonnée réside dans le choix de la forme par le manufacturier. Celui-ci essaie de choisir une forme qui convient au plus grand pourcentage d’individus. Plusieurs compagnies consacrent beaucoup d’efforts à étudier les pieds, à les mesurer et à récolter toutes sortes de données. Les résultats de tels efforts sont en général très bons, produisant dans certains cas des formes qui correspondent aux pieds de 80% de la population.
Un même fabricant peut utiliser différentes formes pour différents types de chaussures. En effet, l’ajustement d’une chaussure de course ne doit pas être le même que celui d’une botte de randonnée dans la montagne. Pour une botte de randonnée, les manufacturiers ont à peu près tous la même approche. La forme est conçue pour offrir beaucoup d’espace aux orteils, plus que dans la moyenne des chaussures. La raison est qu’en descente, chargé d’un gros sac à dos, le pied a tendance à glisser vers l’avant. De plus, dans le choix de la forme, le talon est généralement plus étroit pour assurer qu’il reste bien en place et que la botte suive les flexions du pied. Finalement, la botte doit être serrée au niveau du cou-de-pied, afin de diminuer le glissement du pied vers l’avant et d’accroître la stabilité latérale de la chaussure.
Généralités
Une fois la forme choisie, il faut construire la botte autour de celle-ci. La première étape est le moulage de la tige sur la forme. On commence par mouler l’empeigne et les quartiers, pour joindre le tout à l’arrière par l’emboîtage, puis on joint le tout à la semelle. Cette procédure exacte commande le type de « construction », ou plutôt de l’assemblage tige – semelle. Quatre possibilités sont offertes : la couture norvégienne; la forme à insertion; la forme rigide ou semi-rigide et la forme combinée.
Couture norvégienne
Cette construction est également appelée « le procédé Goodyear ». C’est la construction traditionnelle d’une botte de randonnée, avant l’apparition des colles et autres adhésifs. L’avantage de cette construction est le lien très solide qu’elle crée entre la tige et le semelle. Il n’y a pas de décollement possible. De plus, cette construction rend le ressemelage beaucoup plus facile qu’avec les colles. Le schéma explique bien les détails de la construction.
Ce type de construction est très durable, mais aussi très rigide. Le cuir est généralement très épais dans ces bottes, ce qui les rend difficiles à « casser », à former aux pieds. La construction norvégienne est devenue plutôt rare parce qu’il est moins coûteux, entre autres, de produire des bottes avec forme rigide.
Forme rigide
Avec la venue des nouvelles colles très performantes, la forme rigide est devenue la norme en matière de bottes de randonnée. Le principe de construction est simple; On pose d’abord la première semelle sur la surface inférieure de la forme, puis on étire la tige sur la forme et on en replie les bords par-dessus la première semelle (qui se trouve maintenant emprisonnée entre la forme et les bords de la tige). On colle la tige sur la première semelle. Dans certains cas, pour plus de robustesse, on peut ajouter des agrafes ou des clous. Ensuite, on vient coller la semelle intercalaire par-dessus le tout, pour terminer avec la semelle d’usure. La forme est retirée de la botte et on y insère l’assise plantaire. La majorité des bottes de randonnée aujourd’hui sur le marché sont construites ainsi.
Les avantages d’une telle construction sont multiples. D’abord, c’est une construction rapide, moins coûteuse que la couture norvégienne et relativement solide, car les colles utilisées aujourd’hui sont très adhérentes et ne risquent pas de décoller. Ensuite, cette technique de fabrication est assez polyvalente, puisqu’elle permet l’utilisation d’une grande variété de semelles intercalaires et de semelles d’usure. C’est aussi une construction plus légère. Enfin, elle est plus confortable dès les premiers instants où la botte est portée, car elle est plus facile à ’’casser’’.
Forme à insertion
Elle est très peu utilisée pour les bottes de randonnée. C’est une construction souple qui est plus appropriée aux chaussures de course ou de randonnée légère. Dans cette construction, la tige est repliée et cousue sur elle-même pour former un genre de mocassin. Une fois cette couture terminée, on insère la forme dans la chaussure. On colle ensuite les parties de la semelle sur la tige, puis on termine en retirant la forme.
Forme combinée
Ce type de construction est très peu utilisé dans les chaussures rigides. Le devant de la chaussure, de la voûte plantaire aux orteils, est une construction à insertion. L’arrière, quant à lui, est plus rigide parce que la tige est cousue sur la première, comme dans la forme rigide. Ça donne une botte relativement stable sous le pied, mais peut-être trop flexible à l’avant.
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